10 juillet 2006
Bonjour à tous.
Vous avez la possibilitée aujourd'hui de vous exprimez par vos commentaires à travers mon web blog sur la culture noire.
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26 juin 2006
Tchatche sur "CULTURES NOIRES"
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16 juin 2006
Cuba
"Je n’ai jamais vu une chose aussi belle."
Christophe COLOMB, apercevant les côtes de Cuba, 1492.
Je ne vais pas encore écrire l’histoire de ce magnifique pays, avec un bon moteur de recherche, vous trouverez de multitude de page html dédié à Cuba. Je vais cependant marquer quelques points important de son histoire qui me semble être en rapport avec « Voyage Dans Les Cultures Noire »
Petit rappel :
Les premiers envahisseurs : les espagnols
Cuba était déjà habitée vers 3500 av J.C par les Taínos, venus probablement d’Amérique du sud. Ils étaient potiers, tisserands, cultivateurs. Après la " découverte " de Cuba en 1492 par l’expédition de Christophe Colomb, les espagnols envahissent Cuba prétextant la conversion au Christianisme. En fait, dès les premières années de la conquête, la recherche et l’exploitation de l’or et du cuivre a commencé. Déçus dans leur attente de richesse - la petite mine d’or fut vite épuisée - les conquistadores massacrent les Taínos. De 100 000 qu’ils étaient en 1512, 30 ans plus tard, ils ont pratiquement totalement disparus. Pour exploiter le sol riche en canne à sucre, les Espagnols font alors appel à des esclaves venus d’Afrique (hé oui toujours la même histoire).
Le premier convoi a lieu en 1524. Entre cette date et 1880 – date de l’abolition de l’esclavage à Cuba – les révoltes d’esclaves se succèderont. De 1540 à la fin du 16ème siècle, des milliers de ducats d’or, des pierres précieuses, de l’argent, ces richesses pillées au Mexique et en Amérique du sud, transitent par La Havane avant de gagner l’Espagne. Autant dire que le voyage est périlleux en raison des tempêtes en mer et des pirates embusqués. La Havane devient une plaque tournante du commerce fluvial. Vers la seconde moitié du 18ème siècle, le butin en mer se faisant plus maigre, la piraterie perd de son éclat. C’est l’époque de l’essor de la culture de la canne à sucre et par conséquent, du commerce du sucre. Cuba en devient le premier producteur mondial et s’enrichit.
Son nom est associé au luxe et à la débauche. La Sainte Eglise n’est pas oubliée : elle possède environ 1/5 de l’île. Ainsi, la couronne d’Espagne, soutenue par le clergé, maintient fermement son emprise sur l’économie cubaine à travers la production du sucre et du tabac. Elle gouverne par l’Armée et par l’Eglise. Mais, ce monopole espagnol ne plaît pas du tout aux Anglais qui réclament la liberté du commerce. En 1762, La flotte anglaise met le siège devant La Havane. Au terme de 9 mois d’occupation, les Anglais rendent Cuba en échange de la Floride. En 1820, après l’arrivée sur le territoire cubain d’esclaves noirs, l’importation de chinois est commanditée par les cubains eux-mêmes afin d’éviter l’insurrection entre noirs et blancs sur l’île.
La première guerre d’indépendance
Carlos Manuel de Cespédes: Le 10 octobre 1868, Carlos Manuel de Cespédes, depuis son domaine sucrier, annonce la libération des esclaves et appelle ses compatriotes à se soulever contre le joug espagnol. Cette première guerre d’indépendance est aussi appelée la guerre des Mambis. Après 6 ans de lutte, Cespédes n’a plus qu’une poignée de partisans. En 1874, il est trahi et assassiné.
José Martí: José Martí fonde en 1892 le parti révolutionnaire cubain avec l’intention de libérer son pays et de trouver une solution économique. Son objectf principal est de maintenir un réseau de communication entre les exilés - ce qui a été le cas pour lui pendant la moitié de sa vie - et les forces révolutionnaires à Cuba. Pour ce faire, il organise des collectes de fonds auprès des travailleurs exilés aux Etats Unis pour financer les armes et les minutions. Il périt à la bataille en 1896. Les seconds envahisseurs : les Etats-unis En 1898, l’oeil fixé sur les problèmes cubains et sur leurs propres intérêts stratégiques et économiques, les Américains refusent de reconnaître les forces cubaines indépendantistes. N’oublions pas que les Etats-Unis début 1890, alors que le marché du sucre n’évolue plus, sont les seuls clients du sucre à Cuba. Jusqu’alors, un arrangement avait été conclu entre les Espagnols et les Américains : les Américains acceptaient une aide en hommes et en argent des Espagnols pour mener leur guerre d’indépendance et en contrepartie les Américains laissaient Cuba sous tutelle espagnole.
Seulement, avec la mystérieuse explosion qui détruit le Maine, la guerre éclate entre les Etats-Unis et l’Espagne. Le combat est violent. L’Espagne se rend. Cuba est remise aux Etats-Unis. La nouvelle constitution de Cuba est rédigée à Washington, complétée par l’amendement Platt. Le couteau sous la gorge, menacé d’occupation prolongée, les cubains ne peuvent que s’incliner. L’égalité entre les noirs et les blancs n’est toujours pas respectée ; les noirs restent exclus au gouvernement. Les révoltes armées sont réprimées férocement par les troupes américaines de la base de Guantanamo.
La république bananière
Les hommes d’affaire américains se précipitent pour acheter des raffineries de sucre, des usines de cigares. Alors que le 20 mai 1902, un nouveau président cubain, Estrada Palma est élu, les casinos et les hôtels fleurissent et La Havane devient la capitale latino-américaine du jeu, de la prostitution et de la corruption. La révolution bolchévique fait inévitablement des adeptes parmi les étudiants cubains.
En 1925, le premier parti marxiste-léniniste voit le jour. Mais, son chef est obligé de s’exiler au Mexique où il est d’ailleurs exécuté par les sbires du nouveau président cubain : Gerardo Machado. Machado exerce sur Cuba une dictature répressive et sanguinaire tout en laissant aux États-Unis la main mise sur la production de sucre, en empêchant l’île de diversifier ses cultures. En 1933, une grève nationale entraîne la chute de Machado. Un gouvernement provisoire est formé avec à sa tête un opposant, Antonio Guiteras Hólmes. Celui-ci est renversé au bout de 100 jours alors qu’il entreprenait des réformes radicales.
Fulgencio Batista, sergent de l’armée cubaine et soutenu par l’ambassadeur américain prend le contrôle. Guiteras, qui continue à dénoncer l’impérialisme américain est assassiné. Pendant la seconde guerre mondiale, la corruption règne plus que jamais à Cuba. La mafia américaine est chez elle à La Havane. Alors que Batista perd les élections, un jeune avocat du nom de Fidel Castro fait beaucoup parler de lui. Néanmoins en 1952, Batista reprend le pouvoir lors d’un coup d’état.
Fidel Castro et la révolution socialiste
En 1953, Fidel Castro et 125 compagnons profitent d’un carnaval traditionnel pour attaquer la caserne. L’attaque échoue, mais elle a cependant poussé le mouvement d’une libération nationale. Fidel a droit à un procès public où il assure sa défense. Accusé, il sera libéré, mais exilé au Mexique où il rencontrera le médecin Ernesto " Che " Guevara. Petite parenthèse : (On a tendance à oublier que l'un des grands protagonistes de la révolution cubaine était argentin. Issu de la classe moyenne, Ernesto Guevara grandit à Buenos Aires, mais souffrant d'asthme, ses parents décident pour sa santé de s'installer dans la petite ville d'Alta Gracia, réputée pour son climat bénéfique. D'une intelligence peu ordinaire, il obtint en 1953 son doctorat de médecine, à l'âge de 25 ans. Grand voyageur, il parcourut toute l’Amérique latine, prenant conscience de la pauvreté et de l'injustice sociale qui régnaient. Délaissant une prometteuse carrière de médecin, il décida en 1954, de s'unir au mouvement cubain conduit par Fidel Castro, persuadé que la révolution était la seule façon de rétablir les droits des peuples latins. Le dictateur Fulgencio Batista déchu, le Che fut nommé ministre de l'industrie à Cuba, rôle qu'il tint de 1961 à 1965.
Mais bientôt il refusa de s'allier au communisme orthodoxe et partit continuer la révolution. Il se rendit au Congo, puis en Argentine, essayant de déstabiliser les gouvernements. En Bolivie, il prit la tête des paysans et des mineurs, luttant contre les militaires au pouvoir. Traqué, il fut finalement abattu en 1967. Sa courte et bouleversante vie a donné naissance à la légende du Che, dont les idéaux sont encore bien vivants aujourd’hui)
Ensemble, ils organisent les bases de la guérilla et projettent avec d’autres un retour à Cuba. La misère à Cuba pousse les habitants vers la guérilla. Ils se comptent bientôt par milliers. Les guérilleros appelés aussi les barbudos, créent des écoles, des hôpitaux, entreprennent des réformes agraires. Une grève générale est organisée en 1958 pour soutenir les barbudos. En juillet 1958, l’armée rebelle menée par Fidel, Che, Raúl, Cienfuegos, attaque le palais de Batista. Le 1er janvier 1959, Batista s’enfuit, emportant avec lui 40 millions de dollars du trésor public.
Après 100 ans de luttes, la révolution cubaine a triomphé. Cuba devient la première nation socialiste de l’hémisphère américain. Dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement révolutionnaire fait exécuter tous les collaborateurs à la dictature de Batista. Puis il commence des réformes spectaculaires ? Baisse des loyers de 50% ? Les plages jusqu’alors fermées aux cubains sont ouvertes à tous. ? Les habitants des zones rurales peuvent passer la porte des hôtels de luxe de La Havane.? Les grands propriétaires terriens se voient restreindre leurs biens. La terre est partagée entre les paysans. Ces mesures draconiennes envers la bourgeoisie vont favoriser son exode vers Miami. ? Les grandes industries appartenant aux compagnies étrangères sont nationalisées.
Les Etats-Unis n’entendent pas se laisser faire. Ils suspendent tout achat de sucre. C’est ainsi que Cuba signe un traité avec l’URSS qui accepte d’acheter le quota des Américains. En octobre 1960, les Américains suspendent les relations diplomatiques avec Cuba et imposent un embargo économique sur l’île. La situation n’en reste pas là. Fidel déclare la révolution cubaine " socialiste ". Environ 1500 exilés de Miami reviennent à Cuba pour ce qu’ils espèrent être un soulèvement populaire. Malheureusement la plupart sont exécutés et tués parce que l’aide promise par le président Kennedy n’est jamais arrivée.
En 1962, à la demande de Cuba, l’URSS déploie des missiles à ogive nucléaire en quantité suffisante pour menacer l’ordre mondial. La marine américaine riposte et encercle l’île, menaçant de bombarder. Les soviétiques, après avoir passé un accord avec les américains retirent leurs missiles à Cuba. Cuba poursuit son rêve utopique communiste. On construit de nouveaux hôpitaux et de nouvelles écoles. Le taux de mortalité infantile chutera entre 1967 et 1987 de 46.7 pour 1000 à 13.3. Aujourd’hui encore, il y a plus de médecins et de dentistes par habitants à Cuba que dans aucun autre pays d’Amérique latine.
L’état crée diverses organisations officielles pour que le citoyen contribue au processus de construction du socialisme. Les CDR, comité de défense de la révolution, contrôlent les cartes de rationnement, les vaccins, campagne d’alphabétisation Néanmoins, 250 000 personnes quittent le pays. La presse d’opposition disparaît. Les menaces sur l’intégrité du pouvoir communiste ne sont pas tolérées.
Bienvenido a Cuba !
Le poète cubain Nicolàs Guillén voyait en son pays, à cause de sa forme et de sa végétation, un « long lézard vert ». Mais Cuba ressemble aussi à un livre d'histoire à ciel ouvert, tant sont vivantes les empreintes de ceux qui ont façonné son devenir : indigènes précolombiens, conquistadores espagnols, colons planteurs, esclaves africains, rebelles indépendantistes, riches Américains, révolutionnaires castristes Leur influence se retrouve partout, dans le goût du tabac, l'architecture coloniale, la cuisine créole, les rythmes musicaux, les noms des places, les palaces rococo, les panneaux de propagande...
Je venais pour la première fois à Cuba, pour un circuit de 10 jours, ‘EN PASSANT PAR TRINIDAD’ ( LA HAVANE, PINAR DEL RIO, VINALES, CIENFUEGOS, TRINIDAD, SANTA CLARA, VARADERO) Et pour être sincère avec moi-même, je dois vous avouer que durant mon séjour, j’ai été pris de passion pour ce beau pays, et de ces habitant, c’est cela que je vais tenter de partager avec vous. Un voyage à Cuba est à mille lieues d'une expérience livresque.
C'est une expérience sensuelle. Pour s'en convaincre, il suffit de se retrouver sur une plage ensoleillée à discuter des mérites comparés du Mojito et du Daïquiri, de déguster une langouste fraîchement pêchée ou d'apprendre la salsa dans des bras cubaines !
Car, la première richesse de Cuba, avant même ses paysages, ce sont les Cubains eux mêmes. Malgré les pénuries diverses, la fastidieuse chasse des pesos et les caprices du régime communiste, ils ne perdent rien de leur dignité, de leur tendresse et de leur hospitalité. Sans parler de leur humour. Ecoutez les : ils excellent à transformer en anecdotes cocasses les difficultés du quotidien.
Mon itinéraire à Cuba : cliquez ici
J-1
Paris / La Havane
Après 10 heures de vol, la Havane, température 35° !
Ardente et nostalgique, fastueuse et décatie, La Havane envoûte dès le premier regard. Parée de somptueux palais, de patios élégants, la capitale « aux mille colonnes » n'en finit jamais de dévoiler ses charmes. Parcourir ses rues, c'est feuilleter cinq cents ans d'une histoire mouvementée, et découvrir un peuple tendre et accueillant.
J-2
La Havane / Pinar Del Rio / Vinales / La Havane
1- Province de Pinar Del Rio
Avec ses terres rouges où pousse le meilleur tabac du monde ses rues de maisons claires à colonnades où les villageois se bercent le soir dans des fauteuils à bascule, la « Province verte », hérissée des mogotes millénaires, qui forment les plus beaux paysages de l'ile, semble hors d'atteinte du temps.
Pinar del Rio
Cette grosse bourgade très vivante est la capitale de la province, et surtout la capitale du tabac. Son nom de « Pinède du Fleuve » lui vient des vastes étendus de pins qui la recouvraient jadis. Les alentours de la calle José Marti centralisent les commerces et les curiosités. S'y dresse notamment le théâtre en bois José Jacinto Milanés, édifié en 1883 et le plus important du pays après ceux de Matanzas et de Cienfuegos. La première manufacture de tabac a vu le jour à Pinar del Rio en 1760. Avec la distillerie de guayabita, un alcool à base de goyave, le tabac est la principale industrie de la ville.
Fabrique de cigares Francisco Donalieu
Calle Maceo n° 157.
Les ouvriers, en majorité des femmes confectionnent 130 à 140 cigares par jour. Les plus expérimentés fabriquent les cigares les plus longs, difficiles à rouler le salaire mensuel moyen varie entre 170 et 220 pesos, soit environ 10 €). Remarquez la salle réservée aux apprentis, qui s'initient au métier pendant neuf mois avant de rejoindre la « salle des grands ». Et quel est donc cet homme assis sur une estrade et lisant un journal à haute voix ? C'est le lecteur de la manufacture. Les rouleurs des fabriques de cigares ont toujours été à la pointe des luttes sociales. Au XIX, siècle, ils ont obtenu le droit d'être divertis pendant leur travail par un lecteur. Celui ci leur assène souvent le quotidien de l'île, Granma, mais les ouvriers, dit on, préfèrent les romans de Victor Hugo et les ouvrages de la collection Harlequin. La boutique de la fabrique propose les meilleures marques Montecristo, Vegueros, Cohiba...
Et la lumière fut !
Qui dit pénurie dit recyclage et inventivité. Comment déjouer les coupures d'électricité ? Il suffit de prendre une canette de bière vide, de glisser une mèche à l'intérieur, de pratiquer une ouverture latérale par où verser l'huile, et le tour est joué voici une lampe à huile, qui se vendra un peso cubain. Pas question non plus de jeter un briquet «jetable». Un réparateur de briquets, installé sur la place du village, le recharge et le remet à neuf
Museo de ciencias naturales
Calle José Marti.
Construit au tournant du siècle par un médecin catalan, que ce caprice ruina, le palacio Guasch est un surprenant mélange d'architecture mauresque, baroque, égyptienne.... Le musée abrite une collection d'animaux empaillés et de végétaux. Pièce maîtresse : dans le patio, un palmier liège endémique de Cuba, contemporain des dinosaures, comme l'indique le tyrannosaure de béton qui le domine...
Le Triangle du tabac
Sur les quelques kilomètres carrés de Vuelta Abajo, le «Triangle du tabac », entre Pinar del Rio et les villages de San Luis et San Juan y Martinez, pousse le meilleur tabac du monde. La feuille aromatique se cultive depuis le XVIII, siècle sur ces terres bénies du ciel. Elle est rapidement devenue le principal produit d'exportation du pays avec la canne à sucre. Le tabac est l'un des rares secteurs de l'économie qui se porte bien.
Petit rappel : ce sont les indiens qui firent connaître le tabac au colonisateur espagnol. Débarquant dans l'île, les conquistadores s'étonnèrent de voir les aborigènes, « un tison à la main, inhaler de la fumée ».
Les plantations de tabac
Le tabac demande beaucoup de soins, comme la vigne. Le labour des terres se fait encore à la charrue attelée, et la récolte à la main. L'utilisation de pesticides, qui pourrait détériorer l'arôme, est proscrite au profit d'un système de filets. Une fois cueillies, au printemps, les feuilles sèchent pendant près de deux mois dans les casas de tabaco (séchoirs à tabac), avant d'être acheminées vers les manufactures. Là, les tiges sont coupées, les feuilles aplaties et triées en fonction des parties du cigare auxquelles elles serviront (cape, tripe ... ).
En principe, les visites de plantations ne sont pas autorisées. Mais de janvier à mars vous verrez le tabac sur pied.
La fabrication du cigare
Les cigares sont entièrement réalisés à la main. Seul outil de travail, une petite lame, la chaveta. Première étape : l'écotage des feuilles. On retire la nervure centrale, trop épaisse. Deuxième étape : la fabrication de la tripe, l'intérieur du cigare. Troisième temps, le plus délicat l'enroulage de la sous cape et de la cape, qui forment l'enveloppe du cigare. La cape, dont dépend la qualité de la combustion, est une feuille de choix. Enfin, dernier tour de force, la fabrication de la tête, que le fumeur coupera avant d'entamer son tabaco. Les déchets servent à la confection de cigares pour la consommation nationale...
Provin de Matani et Cienfuegos
La vaste province de Matanzas et celle, plus modeste, de Cienfuegos, proposent des visages de Cuba très contrastés : les grands hôtels de Varadero et les rustiques calèches de Cardenas ; la luxuriante vallée du Yumuri et les marécages de la péninsule de Zapata; le village taïno de Guama et les racines françaises de Cienfuegos...
Sierra del Rosario
Le parc naturel de la Sierra del Rosario a été déclaré réserve de la biosphère par l'Unesco. Sa végétation tropicale sert de refuge aux oiseaux, comme le tocororo, dont le plumage bleu, rouge et blanc reprend les couleurs du drapeau cubain. Parmi les palmiers royaux et les flamboyants rouges, se dressent les ruines de plantations de café fondées par des Français venus de Haïti, de Saint Domingue et de la Louisiane au début du XIX, siècle.
Las Terrazas
A la fin des années 1960, une communauté rurale s'est installée dans cette vallée avec une mission : reboiser. Résultat : six millions d'arbres replantés. Le nom de las Terrazas vient de la technique employée : des terrasses sur les pentes de la sierra.
Buenavista: ancienne plantation de café
Accessible à pied par un sentier depuis Las Terrazas ou en voiture par une jolie petite route, cette bâtisse construite en 1794 par un colon français a été récemment rénovée et transformée en restaurant. Ne manquez pas les séchoirs à café en terrasses à droite du restaurant.
Soroa
Au pied des montagnes, ce village, fondé par un planteur français venu d'Haïti, respire la paix. Il est surnommé « Arc en ciel » (Arco Iris) à cause des jeux de la lumière sur sa jolie cascade. Point de départ pour de belles promenades dans la Sierra del Rosario.
Orquideario
A l'entrée de Soroa.
L'humidité de la région convient parfaitement aux orchidées. Pour preuve, ce jardin recelant 700 variétés des précieuses fleurs, dont 250 spécifiquement cubaines. Un enchantement pour les yeux et les narines, à condition de visiter le parc pendant la floraison, de novembre à mars.
Salto Arco Iris du rio de Manantial
Un quart d’heure de marche à partir du restaurant El Salto.
Des escaliers et un tunnel sous la roche mènent à une chute d'eau de 21 mètres de haut, située en pleine forêt. L'eau fraîche est merveilleusement délassante, surtout si l'on se place sous la douche naturelle formée par la cascade...
2-La vallée de Vinales
Au XIX, siècle, quand un peintre havanais expose à l'étranger une oeuvre représentant la vallée de Vinales, personne ne croit à la réalité de ce paysage, les critiques n'y voient que le fruit de l'imagination de l'auteur. C'est dire à quel point le relief de cette vallée est extraordinaire. Il lui vaut d'ailleurs le titre de « monument national ». L'idéal est de découvrir le site au lever du soleil. Au chant du coq, parmi les bohios de palme et les séchoirs à tabac, émergent de la brume des monstres assoupis : les mogotes, énormes blocs calcaires coiffés de végétation. On explique ainsi ce relief étrange : à l'époque jurassique, une immense grotte occupait l'emplacement de la plaine actuelle ; son toit s'effondra, et seuls demeurèrent ses piliers, les mogotes. De nombreuses cavernes se formèrent pour constituer un ensemble d'une dimension unique.
Le pueblo de Vinales
Niché au creux de la vallée, le village de Vinales a conservé l'aspect qu'il avait durant la période espagnole. Avec leurs terrasses en bois et leurs colonnades colorées, les modestes maisons à un étage qui bordent la rue principale la caille Salvador Cisneros illustrent le style néo classique en vigueur à l'époque coloniale. Jalonnée de pins, cette rue mène à la petite place dédiée au héros national José Marti. Il faut flâner dans Vinales en fin d'après midi, quand les paysans rentrés des champs bavardent d'une bicyclette à l'autre, tandis que les vieux fument le cigare au rythme des roc-king chairs. Savourez un Mojito sous le manguier de la terrasse du restaurant Buenavista, au milieu des poules et poussins, en admirant la vue sur les collines plantées de palmiers, bananiers et manguiers.
Le jardin des soeurs Miranda
Sur la gauche de la route menant à la Cueva del lndio.
Dans ce jardin d'Eden peuplé de colibris, s'épanouit une variété exceptionnelle d'espèces cubaines et étrangères : papayers, arbres à cannelle de Chine, hibiscus, orchidées, mariposas... Barbara Miranda, dite Caridad, et sa soeur Carmen connaissent dans ses moindres recoins le jardin où elles ont passé leur enfance en compagnie d'un père qui leur a communiqué sa passion de l'horticulture.
La grotte de l'Indien
A 5 km au nord du village de Vinales. La cueva del lndio servit de refuge aux indiens Guanahatabeys lors de l'invasion de Cuba par les Espagnols. Les galeries forment un réseau de quatre kilomètres, mais les visiteurs doivent se contenter de 300 m à pied, puis de 400 m sur une rivière souterraine sillonnée par un canot à moteur. Les cultivateurs de la région comparent les stalactites à des feuilles de tabac séchant.
Fresque de la préhistoire
Du mollusque à l'homme, en passant par le dinosaure : l'évolution biologique de la région est représentée sur un Mural de la prehistoria de 120 m de haut et 180 m de large. Les couleurs sont ravivées régulièrement, et le site, proche de la grotte de l'Indien, est admirable : la fresque s'étend sur le flanc d'une des deux buttes. Jumelles qui enserrent la vallée de Dos Hermanas, le « vallon des Deux Soeurs ».
J-3
La Havane
La Havane, fondée en 1519 par les Espagnols et capitale de Cuba depuis 1607, a été pétrie par l'histoire. Pour se protéger des pirates, elle a dressé d'imposantes forteresses face à la mer ; son port, abrité dans une anse où les bateaux ne pénètrent que par un étroit goulot, a vu défiler des galions espagnols, des yachts américains et des pétroliers soviétiques... (Cliquez ici pour voir le plan de la Havane)
Cette cité est dotée de l'un des plus riches patrimoines architecturaux d'Amérique latine. Sa diversité témoigne des périodes successives : espagnole, américaine et révolutionnaire, Les styles mudéjar, baroque et néoclassique se côtoient dans le quartier colonial, classé « patrimoine de l'humanité » par l'Unesco. Dans les années 1920, deux quartiers le Vedado et Miramar voient le jour sous l'impulsion de millionnaires de Miami et de Cuba aux fortunes douteuses. A l'époque, La Havane est prostituée, mafieuse, joueuse. Puis, les barbudos prennent le pouvoir : ils ferment les casinos et chassent les Américains. Aujourd'hui, la ville compte plus de deux millions d'habitants. A Cuba, chaque rencontre est passionnante.
Spectacle de rue
par ailleurs la pénurie généralisée de la période spéciale a entraîné le développement d’une forme d’amour vénal, qui ne correspond pas exactement à la prostitution pratiquée en Europe, ces belles de nuit occasionnels sont souvent des étudiantes ou des chômeuses qui ne trouve pas d’autres moyen de subvenir a leur besoin et à ceux de leur famille, elles attendent l’offre d’une boisson, d’un repas et des pesos, lorsqu’une Cubaine vous propose avec un sourire de vous tenir compagnie ce n’est donc pas forcement pour vos beau yeux !!!
Habana Vieja
Le coeur historique de la cité regroupe la plupart des sites coloniaux, Il faut s'y promener le nez en l'air pour admirer les façades des palais agrémentées de vérandas de bois ouvragé et de balcons de fer forgé, il faut entrer dans les patios et dans les églises. L’essentiel des édifices à voir se concentre autour des trois places principales : plaza de Armas, plaza de la Catedirai et plaza Vieja. Sans oublier la pittoresque calle Obispo.
Calle Obispo
Un vieillard chante en secouant ses maracas ; un vélotaxi transporte des patates douces ; des hommes réparent une « Belle américaine » ... Au 260 de cette rue piétonne, animée et commerçante, remarquez la Drogueria Johnson, une pharmacie du XIX, siècle tout en bois. Près du Palacio de los Capitanes Generales, les demeures de la calle Obispo figurent parmi les plus anciennes de La Havane. A l'autre extrémité de la rue, avant le parque Central, brille l'enseigne du Floridita, le bar où Hemingway venait chercher l'inspiration dans les Daîquiri.
Plaza de Armas
Jadis, les troupes coloniales pratiquaient leurs exercices militaires sur cette place, la plus ancienne de la ville.
Depuis, les soldats se sont effacés devant les étals des artisans et des bouquinistes. Au centre, dans un square
Ombragé par des palmiers royaux, s'élève une statue de Carlos Manuel de Céspedes, le « Père de la patrie ».
Bien conservées, les vieilles américaines !!
Chevrolet, Cadillac, Ford... Elles sont les reines de La Havane. Elles datent des années 1940 et 1950, de
l'époque où Cuba était encore le pré carré des Etats Unis. Les propriétaires de ces véhicules qui font se pâmer plus d'un collectionneur étranger ne les laissent pas rouiller. Bien au contraire ils sacrifient leurs maigres économies pour que le
Palacio de los Capitanes Generales
Plaza de Armas.
Incontournable, le plus bel exemple d'architecture baroque cubaine témoigne de la magnificence passée de la capitale. Ici, logeaient les capitaines mandatés par le roi d'Espagne pour diriger la colonie. Dans le superbe patio, vibrant de gazouillis d'oiseaux, trône une statue de Colomb. Le palais accueille un très riche museo de la Ciudad, qui retrace l'histoire cubaine. Portraits des capitaines généraux, mobilier en bois précieux, uniformes militaires coloniaux sont exposés dans de vastes salles somptueusement décorées. Devant l'entrée du palais, les pavés de bois. Moins sonores que la pierre, ils respectaient, dit on, la sieste du capitaine général.
Fundaciôn Havana Club
Calle San Pedro n'262, Esquina Sol. La visite guidée de ce musée reconstitue fidèlement le processus de fabrication du rhum cubain par les maîtres rhumiers. Une présentation audiovisuelle complète la visite, qui s'achève... au bar e dégustation. La fondation abrite également une galerie d'art.
Castillo de la Real Fuerza
La plus ancienne forteresse de la capitale, construite en 1558 abrite le museo de la Ceràmica.
Plaza de la Catedral
La place de la cathédrale est entourée de palais baroques du XVIII, siècle. Le palacio de los marqueses de Aguas Claras, avec son magnifique patio rafraîchi par une fontaine, abrite le restaurant El Patio. Le Palacio del marqués de Arcos, actuellement bureau de Telecorreo Intemacional s'enorgueillit de ses arcades soutenues par des colonnes doriques et de son escalier style Renaissance italienne, Le palacio de los condes de Casa Bayona, bâti en 1720, est la plus ancienne demeure de la place. Quant à la catedral de San Cristobal, elle présente, entre deux tours asymétriques, une remarquable façade baroque.
Museo de Arte colonial
Plaza de la Catedral.
Le palacio de los condes de Casa Bayona abrite les collections du musée d'Art colonial : mobilier du XVII, au XIXI siècle, grilles de fer forgé, vitraux multicolores..
La Bodeguita del Medio
Calle Empedrado n°207.
Cette petite taverne où Hemingway avait ses habitudes (« Un Mojitc, à la Bodeguita, un Daïquiri au Floridita ») ne désemplit pas de touristes. Elle conserve néanmoins son charme, avec ses murs couverts de graffitis. Vedette ou pas, chacun peut y laisser sa griffe !!
Palacio de la Artesania
Calle Cuba n° 64.
Les galeries latérales qui courent sur deux niveaux autour du patio de ce beau palais du XVIII, siècle desservent des boutiques de souvenirs. Du vendredi au lundi, à partir de 21 h 30, a lieu un spectacle de salsa et de danses folkloriques.
Plaza Vieja
La plaza Vieja fut dessinée dans la seconde moitié du XVI, siècle. Cette place et les édifices du XVII11sièclequi l'entourent sont en cours de restauration. Le quartier n'a pas encore retrouvé son lustre passé, mais on y admire quelques belles demeures aristocratiques, comme le palacio del conde San Juan de Jaruco et le palacio del conde de Jibacoa. Caractéristiques : les fenêtres ornées de mediopuntos, vitraux multicolores en demi lune typiquement cubains. Enfin, le vieux quartier regorge d'églises et de couvents remarquables : San Francisco de Asis, Santa Clara, Nuestra Sefiora de la Merced
Autour du Prado et du Malecôn
Le quartier du Prado, artère prestigieuse qui débouche sur le Malecôn, l'avenue maritime, c'est La Havane de la fin du XIX, et du début du XX, siècle. On passe de la « période espagnole » à la « période américaine », comme l'indique avec force le massif Capitolio. Cette réplique exacte du Capitole de Washington avec un mètre de plus ! inaugurée en 1929, logeait le Parlement cubain jusqu'à ce que la révolution, symboliquement,
La mer ronge La Havane
Havana Vieja, déclarée par l'Unesco « patrimoine de l'humanité » en 1982, a la chance de bénéficier, depuis lors, de fonds internationaux pour sa rénovation. Il n'en va pas de même pour le reste de la capitale, notamment des immeubles du Malecôn, qui souffrent des outrages de l'océan. Les façades se lézardent, voire s'effondrent. « Salinisation clé la pierre, phénomène de capilarité... », Inventorie le responsable de la restauration de la cité, Eusebio Leal Spengler, qui, avec ses « brigades de restaurateurs », mais de faibles moyens, fait tout son possible pour que La Havane ne ressemble pas à une ville bombardée
Tabacos Partagas
Calle Industria n° 520.
Située derrière le Capitole cette fabrique de cigares, datant de 1875, compte parmi les plus anciennes de Cuba. La boutique propose un large choix de marques.
Parque central
Les touristes y étant harcelés, on ne passera sur le parque Central que le temps d'admirer la statue de Marti, au centre, et les deux grands édifices qui dominent la place. Le Gran Teatro arbore une façade néo baroque surchargée de balustrades, balcons et statues. En comparaison, le bâtiment voisin, l'hôtel Inglaterra, de style néoclassique, paraît sobre. Dans le café du rez de chaussée, Marti répandit ses thèses, qui aboutirent à l'indépendance.
Le Prado
(ou Paseo José Marti)
Les Champs-Élysées de La Havane. Les élégants du XIX, siècle se pavanaient sur son agréable promenade centrale ombragée, parmi les fontaines, les lions de bronze et les réverbères Arts déco de fer forgé.
Museo de la Revoluciôn
Calte Refugio n° 1.
Symboliquement installé dans l'ancien palais du dictateur Batista, construit en 1922, c'est le plus vaste et le plus complet musée d'histoire de Cuba. Derrière le palais, se trouve le mémorial Granma accessible par le musée. Un pavillon de verre protège le yacht
Granma, d'où débarquèrent les barbudos en 1956.
Le Malecôn
L'avenue du front de mer longe la capitale sur 8 km. Dans la portion située entre le Prado et la Rampa, elle sert de lieu de rencontre aux Havanais. La brise marine y emporte les promesses des couples d'amoureux. Mais le sel des embruns dévore aussi les façades des palaces rococo, qui auraient bien besoin d'un coup de peinture. En février, le carnaval redonne des couleurs au Malecôn... quand il n'est pas suspendu pour des raisons économiques.
Centro Habana
Ce quartier populaire, construit au XIX, siècle, est souvent délaissé par le visiteur. Son animation commerçante plonge pourtant au coeur du quotidien des Havanais. Les magasins d'Etat à moitié vides y côtoient les supermarchés "tiendas panamericanas", temples de la consommation en dollars. Remarquez, dans les immeubles décrépis, les mezzanin s bricolées par les résidants pour profiter des hauteurs sous plafond et pallier, à la manière cubaine, le manque de logements.
Barrio chino
Entre la calle Zanja et J'avenida Reina, des échoppes tenues par des Chinois métis proposent des fritures asiatiques, payables en pesos. Rappel historique : dans la deuxième moitié du XIX, siècle, les planteurs firent appel à de la main d'oeuvre chinoise pour remplacer les esclaves en révolte. Ainsi immigrèrent à Cuba 120 000 Chinois.
Le Vedado et Miramar
Dans les années 1920, les riches Américains, propriétaires de plantations de canne à sucre et de nombreuses entreprises à Cuba, construisirent dans ces deux quartiers, hôtels de luxe, palaces rococo et, dans les années 1950, buildings. Les rues, désignées par des lettres et des numéros, se croisent à angle droit. Il émane du Vedado, de ses palmiers poussiéreux et de ses villas rafistolées, un charme suranné. Les restaurants, les paladares et les casas particulares abondent dans cette zone résidentielle. Le symbole visuel du Vedado est l'hôtel Naclonal, immense bâtiment Arts déco construit sur une colline face à la mer. Il abritait avant la révolution un casino. L’hôtel Riviera et le cabaret Tropicana datent, eux aussi, de cette période où La Havane était, pour les Etats Unis, synonyme de divertissement et de débauche. La Rampa (calle 23) est l'axe principal du quartier. Une visite chez le glacier Coppelia, niché dans un agréable square en bordure de la Rampa, s'impose. Traversé par Quinta Avenida, la Cinquième Avenue, Miramar est plus chic que le Veclado, avec ses boutiques de luxe, ses ambassades logées dans des palaces des années 1930, ses sièges sociaux d'entreprises cubaines et étrangères.
Le retour des années 1950
Dans les années 1950 les grands hôtels de La Havane étaient devenus le repaire des vedettes de cinéma et de la mafia américaine. Meyer Lansky régnait sur les casinos du Nacional ou du Riviera. Après avoir longtemps considéré les souvenirs de cette période comme un sujet tabou, les autorités cubaines ont compris qu'elles pouvaient en tirer profit. Ainsi, l'hôtel Nacional propose désormais à ses clients de dormir dans la chambre n°255, où couchait Ava Gardner, ou de nager dans la piscine où s'ébattait Johnny Weissmuller.
Plaza de la Revoluciôn
Cette immense place d'aspect austère peut contenir un million de Cubains lors des grandes manifestations, comme le défilé du 11, mai ou la commémoration du 26 juillet. Ici, les discours-fleuve de Castro ont souvent résonné, parmi les édifices du régime. La statue de Marti, dominée par le mémorial, fait face au portrait du Che, qui couvre la moitié de la façade du ministère de l’intérieur.
Castillo de los Tres Reyes del Morro
Bâti au tournant des XVI, et XVII, siècles à l'entrée du port de La Havane, le castillo del Morro protégeait la ville contre les pirates.La visite du phare et des remparts offre une vue imprenable sur la vieille Havane, de l'autre côté du canal. A 21 h retentit le canon qui jadis annonçait la fermeture du port par une chaîne.
J-4
La Havane / Cienfugos
Capitale de la province du même nom et quatrième ville du pays 130 000 habitants , Cienfuegos est souvent négligée par les touristes au profit de sa voisine Trinidad. Elle mérite pourtant le détour. Car elle cultive sa différence : les couleurs de son drapeau sont celles du drapeau français ses promenades arborées portent des noms français ; enfin, et surtout, son architecture néoclassique – somptueuses demeures à colonnes et frontons rappelle La Louisiane française. Une histoire explique cette spécificité. Au début du XIX, siècle, José Cienfuegos, gouverneur de Cuba, favorise l'installation dans l'île de colons français afin de combler le manque d'encadrement blanc dans l'industrie sucrière, qui emploie une quantité croissante d'esclaves noirs. Cette volonté de rééquilibrage accouche de Cienfuegos en 1819. Ses premiers habitants viendront, pour l'essentiel, de Bordeaux et de la Louisiane. Cienfuegos, cité industrielle, est restée un terminal sucrier de première importance. Protégée par l'immense et profonde bahia de Jagua, c'est aussi un port de pêche. Les crevettes camarones sont sa spécialité. Il y a même une fiesta del Camaron, en avril, mois des festivités liées à la fondation
Parque José Marti
C'est la place centrale de Cienfuegos. Cette harmonieuse esplanade, récemment rénovée, est entourée de majestueux bâtiments de style néoclassique. Ils prouvent que la sacarocracia, l'aristocratie sucriere du XIX,siècle, avait une haute opinion d'elle. La cathédrale de la Purisima Concepciôn à Cienfuegos, même. Au centre, l'inévitable statue de Marti, deux lions en marbre, un kiosque pour la fanfare municipale... et une réplique de l'arc de triomphe de Paris !
Les familles françaises
Dans le quartier de la rue San Luis, à côté du parque José Marti, vivent de nombreux descendants des colons français qui s'établirent à Cienfuegos au siècle dernier. lis s'appellent Bayance, Compain, Lanier.. Le service des archives municipales, au numéro 5 205 de la rue, pourra vous indiquer leurs adresses. Ces familles de souche française exposent fièrement leurs origines et ouvrent volontiers leurs portes. Dans leurs vieilles et fraîches demeures, décorées de porcelaines de Limoges, elles tentent, dans la mesure de leurs moyens, de cultiver un certain art de vivre à la française.
Tomàs Terry
Ce théâtre à l'italienne richement décoré date du tournant du siècle, l'âge d'or de Cienfuegos. Les fils de Tomàs Terry commandèrent sa construction en mémoire de leur père, prospère planteur venu de la Louisiane.
Dans le vestibule, une statue en marbre de Carrare représente Tomàs Terry. Les plafonds de la salle, qui compte un millier de places, sont ornés de fresques.
Catedral de la Purisima Concepciôn
Parque José Marti, Cette église témoigne des liens de Cienfuegos avec la France. Les vitraux de la nef représentant les douze apôtres et la statue du Christ qui se dresse dans le petit patio furent importés de France.
Palacio Ferrer
Le palais de la famille Ferrer, de style Art nouveau, fut bâti en 1918. L'intérieur est en rénovation, mais le sommet de la tour offre la meilleure vue sur Cienfuegos et ses environs
Le paseo del Prado
Longue de 2 km, la promenade du Prado est l'artère principale de Cienfuegos. Elle sépare les quartiers anciens des quartiers modernes. Jadis, il y avait un trottoir pour les Blancs et un trottoir pour les Noirs. Le Prado conduit au Malecôn, l'avenue maritime, qui elle même mène à Punta Gorda.
Punta Gorda
La « Grosse Pointe » est une langue de terre qui s'enfonce dans la baie de Jagua. C'est depuis toujours le quartier chic : riches planteurs au siècle dernier, riches Américains avant la révolution y compris quelques mafieux , riches touristes aujourd'hui... il s'y dresse de beaux palais, dont le palacio del Valle,
J-5
Cienfugos / Trinidad / Santi Spiritus / santa clara
Trinidad
Située dans la province de Sancti Spiritus, Trinidad est, l'une des plus > belles cités coloniales d'Amérique latine, Fondêe en 1514 par Diego Velàzquez, elle prospère au XVIII, siècle grâce au sucre, dont elle est alors la capitale mondiale. Mais, dans la seconde moitié du XIX, siècle, plusieurs facteurs font glisser Trinidad dans les oubliettes de l'histoire : guerres d'indépendance, abolition de l'esclavage, concurrence de Cienfuegos... Conséquence : le port de Casilda, à 5 km de la ville, devient quasiment inactif, et Trinidad, bourgade tranquille de 4 000 habitants, ressemble aujourd'hui à une ville musée. Ville musée ? Pas sûr. Dans la lumière du soir qui dore l'ocre des murs et accentue l'arrondi des tuiles, il émane de Trinidad une authenticité saisissante. Les habitants continuent à vivre comme ils ont toujours vécu : un guajiro rentre des champs perché sur son cheval deux gamins jouent au baseball avec une boîte de conserve ; quatre hommes alignent leurs dominos, torses nus, le cigare au bec... Et, dans les ruelles empierrées, semblent rôder les fantômes des contrebandiers pirates et autres esclavagistes oui émaillèrent l'histoire de Trinidad.
Le centre historique
L’Unesco a déclaré « patrimoine de l'humanité » le centre historique de Trinidad, composé de 1200 édifices soigneusement entretenus, datant des XVIII, et XIX, siècles. La circulation automobile est limitée. Aussi fait il bon flâner à pied, au fil des musées, des galeries d'art et des boutiques d'artisanat... Certes, comme partout dans le pays, le voyageur est accosté par des Cubains à l'affût de quelques dollars. Mais les sollicitations, ici, sont moins pressantes que dans les grandes villes.
Les grilles de Trinidad
Une image typique de Trinidad: un habitant se balance sur un rocking chair dans l'encadrement d'une haute fenêtre de style andalou grillagée de fer forgé. Ces grilles, caratéristique architecturale de Trinidad, ont une explication prosàque les barreaux permettaient aux riches citoyens de dormir la fenêtre ouverte sur la fraîcheur de la nuit sans se soucier des cambrioleurs. Mais il existe aussi une explication plus romantique les grilles empêchaient les filles de la maison de céder aux sérénades de leurs soupirants...
Plaza Mayor
Les rues du centre historique montent ou descendent en pente Trinidad, bourgade tranquille aux murs ocre. douce vers la plaza Mayor. C'est la reine des places et placettes de Trinidad, avec ses lampadaires, ses hauts palmiers, ses pelouses bordées de dentelles en fer forgé blanc. Elle est dominée par l'église paroissiale de la Sainte Trinité et entourée de demeures seigneuriales aux couleurs pimpantes. Avec la sueur de leurs esclaves, les aristocrates du sucre se défiaient à coups de palais.
Museo romànfico
Palacio Brunet, plaza Mayor
Dans quel cadre vivait l'aristocratie sucrière des XVIII, et XIX, siècles ? Ce musée, logé dans le palais colonial du comte Brunet, répond à la question. Des objets luxueux y furent rassemblés après la révolution : meubles en acajou de Cuba, mais aussi vaisselle, lingerie ou tableaux acheminés à grands frais de tous les coins d'Europe. Avant de pénétrer dans les 14 salles.
Palacio Cantero
Calle Simon Bolivar tout près de la plaza Mayor
Ce palais néoclassique abrite le musée d'Histoire de Trinidad. Plus impressionnant que le palacio Brunet par ses dimensions (grand hall, vaste cour ... ), il est moins riche en mobilier et objets décoratifs, même si faïences de Sèvres et cristal de Bohême attirent l'attention.
Ancien couvent de San Francisco de Asis
Calle Cristo.
Son clocher, le plus élevé de Trinidad, est devenu l'emblème de la ville. Mais ce couvent a été transformé en « Musée national de la Lutte contre les bandits ». Par « bandits», il faut entendre les contre révolutionnaires, qui, en 1959, se cachèrent dans la sierra del Escambray. Che Guevara dirigea personnellement la répression, mais il fallut cinq ans pour éradiquer la contrerévolution. Photos, articles et objets divers rappellent cette lutte.
Plaza del Carrillo
Au sud est du centre historique, la plaza del Carrillo, dominée par l'église San Francisco de Paula, est le coeur de la Trinidad d'aujourd'hui, le centre de son activité commerçante et administrative. Les habitants de la ville l'appellent d'ailleurs simplement el Parque,
Sancti Spiritus
Valle de los Ingenios
A l'est et au nord est de Trinidad, s'étend la « vallée des Moulins », déclarée, comme la ville elle même, « patrimoine de l'humanité » l'Unesco. C'est en effet de cette terre, qui fournissait jadis la plus grosse récolte de sucre du monde, que Trinidad tirait sa richesse. Des dizaines de moulins et autres installations sucrières, il reste des vestiges passionnants.
Torre de Manaca Iznaga
10 km après le mirador de la Loma,
Voici la propriété qui appartenait à la famille la plus riche de Trinidad le domaine de Manaca dominé par une dans cette ville tour haute de 45 m. populaire, où les elle servait à surveiller les esclaves travaillant dans les plantations. Du sommet, vous apercevrez à vos pieds la baraque des esclaves, la demeure du maître et la voix ferrée. Le train fut en effet introduit à Cuba pour le transport de la canne. Les temps ont changé : la demeure du maître est aujourd'hui un bar pour touristes
Pare naturel de Topes de Collantes
A 16 km au nord de Trinidad et à 800 m d'altitude, Topes de Collantes, dans la sierra del Escambray est un paradis pour les randonneurs. De nombreux sentiers serpentent à travers des forêts de cèdres, d'acajous et d'eucalyptus. Il y règne un microclimat : 20 degrés en moyenne, contre 30 degrés à Trinidad. Ajoutez à cela des sources thermales, et vous comprendrez que les Cubains aient fait de ce parc naturel un lieu de cure.
Playa Ancôn
Trinidad dispose de 4 km de sable fin, sur la péninsule d'Ancôn, à 12 km de la ville. Playa Ancôn, où se dresse un imposant complexe hôtelier, propose toutes les activités nautiques. La plongée sous marine est à l'honneur, car, dans ce secteur de la côte, la barrière corallienne est proche du littoral.
Santa clara
Sans doute le Che, qui refusait le luxe, est il content de reposer dans cette ville populaire, ou les rues grouillent de vélos, de carrioles et de piétons, où les habitations modestes laissent deviner un quotidien difficile. Les Cubains aiment rappeler que, quand il visitait une usine, Ernesto Guevara se mettait toujours à travailler avec les ouvriers... A Santa Clara, une célèbre bataille a ouvert aux barbudos la route de La Havane.
Fin 1958, les guerilleros descendus de la sierra Maestra marchent vers l'ouest. Le 28 décembre, Guevara et ses hommes sont aux portes de Santa Clara. Ils apprennent l'arrivée d'un train blindé ennemi rempli de munitions. Les guerilleros sabotent les rails et attaquent le convoi. Les soldats de Batista se rendent. Le Che et ses compagnons s'emparent des armes et, grâce à leur butin, prennent Santa Clara le 31 décembre. Ils se dirigeront ensuite vers La Havane. Voilà pourquoi Santa Clara se consacre à la mémoire du bel Argentin. Située en dehors du centre ville, l'immense plaza de la Revoluciôn, dominée par une titanesque statue du Che, haute de sept mètres ' est un véritable lieu de culte. Un mausolée y a été inauguré le 8 octobre 1997, pour le trentième anniversaire de la mort du héros, alors qu'on venait fort à propos de retrouver ses restes en Bolivie.
La lettre d’adieu du Che à Fidel aussi populaire que ‘I have a dream’ : disponible ici version manuscrite, version française ici
Mausoleo de Che Guevara
Plaza de la Revoluciôn.
La décoration intérieure recrée le maquis bolivien, où Ernesto Guevara trouva la mort, « assassiné par ordre de la CIA ». Devant les médaillons des 38 compagnons du Che, une flamme perpétue pour l'éternité la mémoire des combattants. Bercé par la chanson Hasta siempre, comandante, on déambule parmi des photos de Guevara, des lettres manuscrites, des armes et des vêtements originaux, dont un béret avec la fameuse étoile !
Ce sanctuaire est très fréquenté par les Cubains.
Monumento y museo del Tren Blindado
Entre le rio Cubanicay et la voie de chemin de fer Accès libre au monument. Le bulldozer qui a servi à saboter les rails, quatre des vingt deux wagons du convoi et des sculptures illustrent l'attaque et la prise du train blindé. Deux wagons ont été transformés en un petit musée qui contient des armes et des photographies.
J-6
Santa Clara / Varadero
La ville et les grands hôtels
La station s'étire sur une presqu'île de 500 m de large et de 30 km de long : la peninsula de Hicacos. Les icaquiers (hicacos en espagnol) aux fleurs blanches et les flamboyants aux fleurs rouges ornent les avenues rectilignes de la petite cité de Varadero, située à l'entrée de la presqu’île. Quelques vieilles demeures en bois rappellent que la ville a un Astuce passé, mais elles cèdent vite la place aux complexes hôteliers qui se succèdent le long de la plage ourlant le littoral nord de la presqu'île. A Varadero, le peso cubain n'a pas cours : on paie exclusivement en pesos convertible. Aux vacanciers fortunés, les bureaux du tourisme des grands hôtels présentent une panoplie d'activités d'une incroyable variété tennis, golf, équitation, voile, parachutisme, ski nautique, scooter des mers,pêche en haute mer, plongée sous marine... sans parler des excursions organisées au départ de Varadero, en car, en hélicoptère ou en avion, dans la vallée de Vinales, à Trinidad ou à La Havane... voire à la Jamaïque !
J-7 à J-9
Varadero
La « plage Bleue » aligne 20 km de sable fin et blanc. Elle glisse en pente douce dans une eau chaude entre 25 et 30 degrés, étonnamment limpide, et parée de tous les tons de bleu.
J-10
Varadero / Paris
Retiro Josone
A l'angle de la calle 56 et de l'avenida Primera.
Si vous trouvez que Varadero manque d'authenticité, allez à l'extrémité de la peninsula de Hicacos : là bas, dans le pare naturel de Varadero, vous trouverez un cactus géant vieux de plus de 500 ans (surnommé « le Patriarche »), une grotte contenant des peintures précolombiennes (Cueva de Ambrosio) et une plage vierge, la seule de la presqu'ile playa las Calaveras. Ce parc romantique, qui appartenait à un milliardaire avant la révolution, offre un havre de fraicheur après une journée de plage. On peut faire une promenade en barque sur le lac artificiel, où s'ébattent des flamants roses.
Casa Dupont
Au bout de l'avenida Las Americas.
Dans les années 1930, Irénée DuPont de Nemours' Américain d'origine française, lança la station en se faisant construire un palais d'inspiration espagnole sur une falaise surplombant la plage. Rien n'était trop luxueux pour le richissime industriel : soi en marbre de Carrare, meubles en acajou de Cuba, éditions anciennes de Balzac... Irénée DuPont de Nemours dut abandonner sa propriété lorsque la révolution la nationalisa pour la transformer en musée et restaurant. En 1998, la casa Dupont est devenue la club house du golf de 18 trous qui l'entoure.
Péninsule de Zapata
La péninsule de Zapata ressemble à une chaussure dont la pointe s'enfoncerait dans la mer des Caraïbes. C'est une des régions les plus sauvages de Cuba. On l'appelle aussi ciénaga de Zapata, parce que ses terres plates régulièrement inondées par la mer forment une zone marécageuse.
Guama
Au milieu de la lagune, un archipel d'une douzaine d'îlots porte le nom de Guama, cacique taïno qui se rebella contre les envahisseurs espagnols. Les îlots sont reliés par des passerelles de bois.
Des bungalows sur pilotis, aux toits de palme, permettent aux visiteurs de dormir sur place. Ici, loin de toute route, on n'entend que les chants des oiseaux et le clapotis de la lagune...L’un des îlots de Guama accueille un village taïno reconstitué habitations traditionnelles (bohios et caneyes) et statues de bois représentant des aborigènes dans leurs activités quotidiennes.
Castillo de Jagua et village de Perché
L'entrée de la bahia de Jagua très étroite est gardée par le castillo de Jagua, érigé en 1745. Ses canons protégeaient la baie des attaques des pirates. La forteresse domine le pittoresque village de pêcheurs de Perché, bâti sur pilotis. La baie de Jagua étant immense, l'accès à ce site par la route s'avère très long, Il est plus rapide de s'y rendre en bateau, après avoir réservé une vedette à l'hôtel Jagua, à Punta Gorda. La traversée, sur les eaux paisibles survolées de pélicans, ne manque pas de charme.
Jardin botànico
Soledad
A 15 km de Cienfuegos sur la route de Trinidad Ce jardin botanique est considéré comme l'un des plus importants du monde. Quelques chiffres : 2 000 espèces, tropicales ou subtropicales, dont 300 variétés de palmiers, 400 de cactus, 90 de ficus, etc. Mieux vaut avoir un guide pour s'y retrouver, car les indications écrites sont insuffisantes.
Le palacio del Valle
Ce grand palais, le plus surprenant de Cuba, illustre le passage du style néoclassique au style éclectique. C'est un mélange mauresque, gothique et vénitien, avec marbre de Carrare, albâtre de Venise et vitraux en bois aux couleurs vives de France Un caprice de milliardaire espagnol du début du siècle. La mafia voulut en faire un casino, révolution interrompit le projet.
Province du centre
Entre les cayos du Nord frangés de corail et Trinidad, la « Belle Endormie » les grandes plaines du centre de l'ile se vouent au sucre et à l'élevage. Coeur du Cuba colonial, avec trois des sept premières « villas » fondées par les Espagnols, cette région nous plonge aussi dans le Cuba du quotidien, celui des petites villes laborieuses, comme Santa Clara, où repose le « Che. »
J-10
Paris Roissy Charles de Gaulle, température 13° !
A mon grand regret je n’ai pas pu me rendre à Santiago de cuba
Avec sa population noire, vivant rappel de l'esclavage, ses vestiges indiens, son inflation de panneaux révolutionnaires et de statues de héros nationaux, l'Oriente est un livre d'histoire à ciel ouvert. Du débarquement de Colomb à celui des barbudos, là s'est forgé le destin de Cuba, au pied de la sierra Maestra.
A mille kilomètres de La Havane, sur la mer des Caraïbes, la langue est plus chantante et la chaleur plus intense. Santiago, dite « la Noire » à cause de sa population très largement métissée par les descendants des esclaves, a un tempérament de feu. La deuxième plus grande ville de Cuba, avec 400 000 habitants, est la plus caraïbe, la plus marquée par l'influence africaine.
Fondée en 1515 par Diego Velàzquez, elle fut la capitale de l'île pendant un siècle avant de céder la place à La Havane et le premier port cubain à importer des esclaves d'Afrique. A la fin du XVIII, siècle, elle accueillit des Français fuyant la révolution en Haïti. Le brassage des peuples a fait de Santiago un bouillon de culture. Chaque année au mois de juillet, pendant son carnaval, plus prisé que celui de La Havane, la ville entière chante et danse.
Santiago est le creuset où sont nés les rythmes cubains. Par exemple le son, mélange de rythmes africains, espagnols et haïtiens, qui est la base des musiques contemporaines, comme la salsa. Santiago, berceau de la révolution, c'est ce que martèle, sur les murs et les panneaux, le sigle M26, qui fait référence à l'attaque de la caserne de la Moncada par Castro et les barbudos le 26 juillet 1953. Le M26, « Mouvement du 26 juillet », est commémoré à chaque coin de rue par des statues et des mémoriaux élevés à la gloire de ses martyrs.
Je reviendrai à Cuba pour visiter cette province, c’est sûr !!
22:25 Publié dans CUBA EN HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27 avril 2006
Conscience Noire
Trop souvent, et souvent par ignorance, l'homme noir est considéré comme quelqu'un qui n'a rien apporté à l'humanité. C'est un grand sportif, un grand artiste, mais c'est tout.
Or, des recherches .scientifiques prouvent que la première civilisation, la civilisation égyptienne, était nègre.
Pourquoi cela a-t-il été dissimulé ? Parce que la science du monde technologique jusqu'à la Renaissance est d'essence égyptienne et a été transférée en Europe par les Grecs et les Romains.
Comment admettre que la première civilisation au monde, la mère des autres civilisations, était le fait de noirs ?
Par ailleurs, de nombreux objets, .indispensables dans la vie d'aujourd'hui, tels que les feux multicolores, les ascenseurs, ont été inventés par des noirs. Il y a des vérités qui ne doivent pas rester cachées.
13:40 Publié dans CONSCIENCE NOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17 janvier 2006
LA CREOLITE
1-Jean Bernabé
2-Raphaël Confiant
3-La langue créole
4-La diglossie
5-Les Maîtres de la Parole
6-Les contes
Jean Bernabé
Le mouvement littéraire de la Créolité est apparu à la fin des années 80. Son fondement conceptuel repose sur un manifeste : L'Éloge de la Créolité écrit par Jean Bernabé, Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant. Pour ces jeunes écrivains, il s'agit de poursuivre, par le biais de l'écriture et du langage, la recherche identitaire entamée par la négritude et l'Antillanité.
La démarche intellectuelle intègre l'histoire des Antilles et l'imbrication des différents peuples qui sont arrivés, volontairement ou pas, sur ces îles. Cette confluence de plusieurs cultures, de plusieurs langues et de plusieurs religions débouche sur une mosaïque composée d'une multitude de morceaux disposés de façon complexe. L'imaginaire créole* repose sur cet arrangement « chaotique ».
La Créolité rejette l'unicité, l'universel, la pureté et la transparence. Elle prône la diversité, l'opacité, le multilinguisme et l'engagement. La créolisation est un processus de sédimentation de toutes les civilisations qui ont abouti dans la Caraïbe. Ce mouvement trouve ses racines dans la langue créole et dans les traumatismes provoqués par la traite, l'exil et l'esclavage. Sa figure emblématique est le conteur créole.
Ni Européens, ni Africains, ni Asiatiques, nous nous proclamons Créoles. Cela sera pour nous une attitude intérieure, mieux : une vigilance, ou mieux encore une sorte d'enveloppe mentale au mitan de laquelle se bâtira notre monde en pleine conscience du monde. (...) Notre Histoire est une tresse d'histoires. (...) Notre culture créole s'est forgée dans le système des plantations, à travers une dynamique questionnante d'acceptations et de refus, de démissions et d'assomptions. Véritable galaxie en formation autour de la langue créole comme noyau, la Créolité connaît aujourd'hui encore un mode privilégié : l'oralité. Pourvoyeuse de contes, proverbes, « titim », comptines, chansons..., etc., l'oralité est notre intelligence, elle est notre lecture de ce monde. (...) Bref, nous fabriquerons une littérature qui ne déroge en rien aux exigences modernes de l'écrit tout en s'enracinant dans les configurations traditionnelles de notre oralité.
Éloge de la Créolité (1989)
02:45 Publié dans LA CREOLITE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
ASSOCIATIONS
Associations: des formes d'action par lesquelles des communautés entières s'affirment.
Les associations arrivent à se forger, non sans peine, une image grâce à l'esprit d'initiative de leurs responsables. Est-il que dans la diaspora afro-antillaise, quelques éléments réussissent à percer dans la vie active et restent, au regard d'aucuns, non seulement une fierté mais également un exemple à suivre.
02:45 Publié dans LES ASSOCIATIONS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
POESIE NEGRE
Depestre nous rend dans ses poèmes le quotidien merveilleux (et réciproquement). Il n'est pas un poète chercheur mais un poète qui trouve. Bref, il est, le plus naturellement du monde, poète. Sa poésie, - pétrie de sensualité, de joie, d'amour des choses et des êtres - est conçue dans une langue française des plus pures, revigorée par un bain en haute mer des Antilles.
Avec Depestre, nous voilà enfin prêt à abandonner l'état mal défini entre homme, bête et machine qui nous caractérise, pour appareiller vers un état de poésie qui répond mieux à nos rêves que n'importe quel programme politique.
René Depestre débuta son trajet poétique à Jacmel, dans l'île de Haïti. Il est issu d'une famille peu fortunée ayant juste assez pour vivre et pour permettre à leur enfant d'aller à l'école. Les jeunes années du poète sont placées sous le signe du merveilleux (à Haïti, le vaudou fait bon ménage avec le christianisme). Les arbres, la mer, et la beauté des petites cousines sont les soucis principaux d'une enfance d'où la notion de péché originel est absente. Une vie familiale harmonieuse, une vie matérielle supportable, et le merveilleux d'être au monde malgré cette misère alentour qui nuit un peu à la beauté du tableau mais pas à la vocation du poète. Il a publié son premier recueil à l'âge de 19 ans en 1946, son dernier recueil (avant le prochain) en 1994 chez Actes Sud et entre ces deux dates a bien rempli une vie de poète faite entre autres : - d'un engagement provisoire (il a été communiste, admirateur d'Aragon, ami de Nicolas Guillen et de Césaire, secrétaire de Pablo Neruda, etc ),
- d'un intérêt indéniable pour les joutes érotiques (thème ensoleillé qui revient sans cesse dans ses poèmes)
- d'un amour de la vie qui transparaît dans toutes ses oeuvres, aussi engagées et révoltées puissent-elles être...
Entre un coup d'état militaire et un coup d'Etat Poétique, il y a la distance qui sépare la charogne d'un léopard avec le dernier mouvement chanté de la neuvième symphonie. Un coup d'Etat Poétique peut fournir l'électricité à toute une ville, sans une panne, pendant cent ans. En état de Poésie, le mâle ne prend pas la femelle, pas plus qu'il ne la possède, moins encore, il la coupe, la taille, la dévore crue, où la soumet à son implacable cognée.
De son état en danger, l'homme fait le plongeon à la femme, qui multiplie son droit à la lumière.
Rene Depestre
Quand il était adolescent il vivait dans une ville
qui était une légende au bord de la mer caraïbe.
Si on voulait on pouvait se changer en n'importe quoi,
on pouvait être un arbre qui marche et boit du rhum,
un boeuf qui joue de l'orgue le dimanche à l'église,
un lion qui rend cocus tous les notaires de la ville.
Lui, un soir de son adolescence il était devenu un cheval de course,
il traversait au galop Jacmel il hennissait et invitait les gens
à venir gambader avec lui dans la rue.
Mais portes et fenêtres restaient fermées.
Soudain une jeune fille est sortie d'une maison de la place d'Armes :
c'était l'un des trésors de la ville,
elle était en chemise de nuit et souriait à l'adolescent-cheval.
Quand il arriva auprès d'elle la jeune fille quitta sa chemise
et sauta sur son dos : il galopa sans fin dans la nuit
en faisant plusieurs fois le tour de Jacmel.
Il sentait Hadriana toute nue sur son dos comme le ciel nocturne sent les étoffes ou comme la terre sent l'herbe au matin
il sentait sa saveur de jeune fille.
Il galopa galopa dans la nuit avec l'étoile de Jacmel sur son dos,
avec la joie de la ville et toute la douleur de la ville sur son dos...
René Depestre
Avec ses peurs et
ses haines sur son dos,
il galopa galopa dans la nuit
avec les baisers
et tous les rêves de Jacmel sur son dos.
Au petit matin ils allèrent à la mer
où ils se rafraîchirent longuement,
ensuite ils allèrent à la rivière
pour se quitter le sel du corps.
Plus tard il la déposa chez elle
sous les arbres éberlués de la place.
Quand il reprit sa forme de garçon
il avait les flancs ensanglantés,
il avait d'atroces douleurs aux épaules,
il avait très mal au cuir chevelu,
il resta deux semaines au lit
à regarder s'éloigner son adolescence
avec la plus belle fille de sa vie !
Aimé Césaire
Partir. Mon coeur bruissait de générosités emphatiques. Partir..,
j'ariverais lisse et jeune dans ce pays-mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair :
«J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies».
Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais: « Embrassez-moi sans crainte...
Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai ».
Et je lui dirais encore:
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MARTIN LUTHER KING
Rendre les hommes meilleurs, c'est le seul moyen de les rendre heureux.
MARTIN LUTHER KING
King, Martin Luther, Jr. (1929-1968), Ecclésiastique américain et lauréat du prix Nobel, un des principaux leaders du mouvement pour la défense des droits civils américains et un éminent partisan non-violent contre l’oppression raciale.
SON EDUCATION ET SES DEBUTS
King est né à Atlanta en Géorgie le 15 janvier 1929. Il est le fils aîné de Martin Luther King Sr, un ministre baptiste, et d’Alberta William King. Il est admis au collège Morehouse à l’âge de 15 ans et fût ordonné ministre Baptiste à l’âge de 17 ans. Il gradua du "Crozer Theological Seminary" en tant que président de la promotion de 1951. Par la suite, il compléta du travail après-diplôme à l’Université de Boston.
Ses études à Crozer et à Boston lui ont permis de découvrir le travail du nationaliste Indien Mohandas K. Ghandi. Les pensées de celui-ci devinrent le coeur de sa propre philosophie au sujet des revendications non-violentes. Pendant qu’il était à Boston, il rencontra Coretta Scott de Marion en Alabama. Ils se marièrent en juin 1953 et l’année suivante King accepta les fonctions de pasteur au sein de l’église baptiste Dexter Avenue à Montgomery en Alabama.
SON LEADERSHIP POUR LES DOITS CIVIL
Une visite en Inde en 1959 lui permis d’approfondir sa compréhension du Satyagraha, les principes de Gandhi concernant la persuasion pacifiste, lequel King détermina comme étant son instrument principal pour les protestations sociales. L’année suivante, il démissionna de l’église de Montgomery afin de devenir co-pasteur (en affiliation avec son père) de l’église baptiste Ebenezer à Atlanta. Ce déménagement stratégique lui permettait de participer plus intensément dans le toujours croissant mouvement national de droits civils.
À cette époque, le leadership noir était en pleine phase de transformation radicale. Après s’être concentré sur la question des litiges et de la réconciliation, il était maintenant temps de faire valoir les idéologies et de prôner la non-violence comme moyen officiel de résistance. En 1963, il fut à la tête d’une grande campagne pour les droits civils à Birmingham en Alabama. Il organisa plusieurs manifestations: pour permettre le droit de vote aux Noirs; Contre la déségrégation et une meilleure éducation et hébergement à travers les états du Sud. Lors de ces campagnes il fut arrêté à plusieurs reprises. Il était à la tête de la marche historique à Washington le 28 août 1963 où il déclara son célèbre discours: " I have a Dream". En 1964, il fut récipiendaire du Prix Nobel de la Paix.
SON ASSASSINAT
Ses préoccupations avec le Vietnam et sa détermination pour mener une marche vers Washington combinées avec le changement des priorités publiques afin de préserver son leadership apporta quelques séquelles. Il était près de l’épuisement dû au stress et ses discours faisait de plus en plus allusion à une mort prochaine. Il ne se laissa pas découragé et déclara le 3 avril 1968 qu’il a été sur le sommet de la montagne et qu’il a vu la Terre Promise. Le jour suivant, il fut assassiné d’une balle à Memphis au Tennessee.
Quelque 100 000 personnes assistèrent à ses obsèques à Atlanta. Un fugitif de race blanche James Earl Day, fut arrêté pour le meurtre; il plaida coupable en mars 1969 il fut condamné à 99 ans de prison. En 1983, le troisième lundi de janvier fut désigné comme journée fériée à l’échelle des États-Unis et ce en l’honneur de l’anniversaire de Martin Luther King Jr. Son lieu de naissance à Atlanta ainsi que son lieu de sépulture furent désignés comme étant lieu historique.
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LA NEGRITUDE
Ce siècle, le vingtième, dans la mélancolie et le désespoir d’un rendez-vous manqué, voit ses forces décliner et ses rêves l’abandonner. Vous nous aviez promis un siècle de réhabilitation culturelle et de ressourcement idéologique et voici qu’orphelins errants, nous sommes toujours à la recherche de notre identité.
La négritude et ses promesses, ont-elles été des mensonges ? Des utopies? Jamais peut-être, dans l’histoire de l’Afrique noire, un cri de ralliement aussi profond n’a été extirpé de nos entrailles.
Il y avait dans nos révoltes d’adolescents, des raisons générales liées à la condition humaine. l’homme est né libre et partout devrait le rester. Tout combat qui mène à sa libération est un combat légitime. Mais il y avait, singulièrement pour motiver nos révoltes, des raisons particulières liées à notre passé, à notre histoire, au sort que l’histoire nous avait réservé, à la malédiction criarde que constituait la couleur sombre de nos peaux. Il y avait le fait fondamental d’être nègre et de ne partager cette particularité avec personne d’autre. Pour beaucoup d’entre nous, la négritude, en tant que prise de conscience, en tant que moments historiques vécus, a été plus qu’une religion. Peut être parce qu’en dehors de nos Pangols, de nos bois sacrés et de nos rites animistes, les seules religions qui nous indiquaient les chemins qui mènent à Dieu étaient toutes venues d’Europe et d’Asie. Religions des autres disions-nous dans notre quête effrénée de notre quant à soi, de notre être authentique et profond ; religions faites par les autres pour eux-mêmes, dans leur dialogue propre avec l’Absolu et la recherche de solutions à leurs angoisses métaphysiques.
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22 octobre 2005
UNE HISTOIRE DE LA LUTTE DES NOIRS AMERICAINS
Grâce à leur détermination à se constituer en tant que peuple dans l’abomination de l’esclavage, les Noirs américains ont élargi le champ de la démocratie à tous les Américains. Or, un concept s’est révélé essentiel à notre combat, celui de liberté. Même si le mot liberté a eu une signification différente selon les époques et les individus, il n’en a pas moins représenté le fil conducteur de l’histoire des Noirs américains. « Liberté immédiate », tel fut le cri du mouvement des droits civiques dans les années 1960. Deux phénomènes l’illustrèrent : les « marcheurs de la liberté ». Ces jeunes Noirs et Blancs qui, en 1961, parcoururent ensemble le Sud ségrégationniste dans les mêmes bus, mais aussi le légendaire « Eté de la liberté » 1964, au cours duquel plusieurs centaines d’étudiants du Nord se rendirent dans le Mississippi pour travailler avec des dirigeants noirs locaux et des militant du Student Nonviolent Coodinating Committee (SNCC) et aider à y inscrire des électeurs. « Enfin libres », ce mot de Martin Luther King au plus fort de son célèbre discours de 1963, « I Have a dream » (je fais un rêve), allait devenir, hélas son éphitaphe.
Aux Etats-Unis, l’esclavage non seulement transformait des êtres humains en marchandise, mais il faisait aussi du phénotype, en particulier la couleur de la peau, le fondement de leur asservissement. Même si, pour les Américains dans leur ensemble, race et esclave paraissent inexorablement liés, la réduction à l'esclavage sur la base de l'identité raciale n’était pas inévitable. Procédé des plus contestés, l'esclavage fondé sur la race ne s’est pas imposé qu’en des lieux et époques précis. Il fallait trouver de puissantes justifications pour que, une fois en place, l'asservissement héréditaire à dominante raciale paraisse rationnel. Les «raisons» avancées pour justifier l'esclavage en tant qu'institution oscillaient entre explications religieuses et arguments pseudo scientifiques. Des doctrines religieuses firent des peuples d’Afrique les descendants de Cham, le fils renié de Noé, ou suggérèrent que le salut des «païens» africains passait par l'esclavage. Les arguments pseudo scientifiques étaient peut être les plus dangereux. Et même si le polygénisme est aujourd'hui discrédité, l'influence de cette théorie voyant dans les Africains et les Européens des espèces non seulement différentes mais aussi inégales est encore perceptible dans certains discours savants sur Ies races et les différences raciales.
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21 octobre 2005
C'est au sein de ce système esclavagiste...
C'est au sein de ce système esclavagiste barbare, dont les théories sur l'infériorité des Noirs avaient été reprises par presque toutes les institutions, que les Noirs américains se donnèrent pour tâche de construire une communauté.
Les Africains réduits en esclavage étaient enchaînés sur le même bateau ou avaient été vendus lors des mêmes enchères; ils avaient été arrachés à des sociétés très différentes, allant des communautés villageoises à de très anciens États; leurs langues et leur pratiques religieuses étaient différentes; mais, bien qu'étrangers dans un pays inconnu, ils découvrirent rapidement ce qu'ils avaient en commun presque tous avaient des connaissances approfondies en agriculture, la plupart venaient de société organisées, selon le principe de la parenté, chacun appartenant par la naissance à une longue lignée de parents qui situait chaque individu dans un ensemble interrelationnel. Et, pour beaucoup les rites liés à la naissance et à la mort étaient identiques. Grâce à ces traditions culturelles communes, et dans la mesure où leur condition d'esclaves dans le Nouveau Monde le leur permit, les Noirs américains se forgèrent une communauté, une identité, une voix.
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20 octobre 2005
Le sort fait aux familles...
Le sort fait aux familles était un des aspects les plus cruels de l'esclavage; aussi ne faut il pas s'étonner si la famille a été l'une des préoccupations constantes des Noirs américains concernant la liberté. Pendant l'esclavage, les familles pouvaient, dans une certaine mesure, se constituer un espace distinct. Pourtant, la famille était à la fois une force et une cause de vulnérabilité, une raison de résister et un obstacle à la résistance, beaucoup hésitant à mettre en danger les êtres qui leur étaient chers. La stabilité des familles d'esclaves a varié selon les époques, les régions, la taille des plantation, et L’attitude des propriétaires d'esclaves ; pourtant, nulle part aux États Unis la famille d'esclaves n'a constitué une entité légale. Il existait une hantise de la séparation des familles. Entre 1790 et 1860, un million d’esclaves furent déplacés plus loin au sud et à l'ouest, vers les États producteurs de coton un grand nombre de familles furent séparées et déchirées. Dans la partie supérieure un mariage sur trois fut rompu par une vente et au moins la moitié des enfants furent séparés d'un de leurs parents, preuve que l'image du maître était bien un mythe. Quand la famille était séparée, à cause d'un décès ou d'une vente, des liens non consanguins se formaient, créant des familles étendues. Des esclaves séparés d'autres membres de leur famille cherchaient à maintenir des liens avec eux. Ceux qui venaient d'être émancipés recherchaient désespérément des proches qui s'étaient enfuis ou qui avaient été vendus Malgré toutes les épreuves liées à la ségrégation, aux migrations et de fréquents accès de découragement, les Noirs recréèrent des cellules familiales pour mettre en commun leurs ressources et garantir leur survie. Plus récemment, les ravages du post industrialisme ont remodelé les structures familiales. Faute d'emplois, de plus en plus de femme élevèrent leurs enfants sans l'aide financière d'un homme. Aussi la lutte pour maintenir l’intégrité de la familles noires n'a t elle jamais cessé.
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19 octobre 2005
L’église noire a tenu un rôle...
L’église noire a tenu un rôle essentiel dans la constitution de la communauté noire. La religion prit une importance cruciale à la fois comme système de croyances et comme institution sociale. Les Africains adoptèrent le christianisme pour exprimer leur foi, mais ce n'était pas le christianisme de leurs maîtres. S'ils s'inspiraient abondamment des croyances et des symboles chrétiens, ils les transformaient délibérément pour en faire une religion noire américaine adaptée à leurs desseins. Tel le séjour des Hébreux en Égypte et leur libération (« Let my people go »), les histoires familières de l’Ancien Testament devinrent un thème central des negro spirituals et autres rituels. Dans cette forme de christianisme, il était question des réalités de la vie contemporaine, mais aussi de vision transcendante et de foi dans offrait des moyens pour s'organiser et l'Église fut l'une des rares institutions à être constamment autorisées par les Blancs pendant l'esclavage. La formation d’églises noires américaines, telle l'Église méthodiste épiscopale africaine, fut une conséquence de la ségrégation raciale. Les églises constituèrent le centre de la vie sociale des Noirs, des lieux où l'on pouvait se rencontrer, s'exercer aux responsabilités et se soutenir mutuellement face à la ségrégation et à la discrimination. Ici et là, les églises abritèrent les premières écoles et, bon an, mal an, nourrirent les affamés. Elles furent le berceau du mouvement des droits civiques, lui apportant, outre bon nombre de ses leaders, les fondements de son organisation. Les campagnes présidentielles de 1984 et 1988 du révérend Jesse Jackson l'ont démontré : la religion garde toute son importance dans le mode d'organisation des Noirs américains.
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18 octobre 2005
Les associations constituèrent...
Les associations constituèrent bientôt l’infrastructure de la société civile noire. Des sociétés de bienfaisance, de pompes funèbres, d’épargne et de prêt, des cercles d'hommes et de femmes furent créés pour venir en aide aux malades, aux personnes âgées et aux handicapés et regrouper les ressources de la communauté tout en donnant à des leaders l'occasion de se révéler. Parmi ces organisations, les clubs de femmes noires furent d'une importance capitale. Vers la fin du XIXe siècle, les femmes noires fondèrent dans tout le pays des milliers d’organisations qui étaient les seules à offrir des services sociaux à la communauté noire aux prises avec la ségrégation. Dans ces clubs, des dizaines de milliers de femmes créèrent des écoles, vinrent en aide aux pauvres, aux malades et aux personnes âgées. Elles s'occupèrent d’enfants et construisirent des foyers pour des employées de maison très souvent exploitées sexuellement par leurs employeurs. Organisées en associations nationales, elles luttèrent à la fois contre le lynchage et pour obtention des droits civiques. C’est au nom de cette tradition qu’aujourd’hui encore les féministes noires s’élèvent contre toutes les discriminations, sexistes et racistes, à l’intérieur comme à l’extérieur de la communauté noire.
En construisant des communautés à même d’influencer leur destin, les Noirs américain affinèrent leur idée de la liberté. A leurs yeux, celle-ci signifiait d’abord gagner son pain, travailler et que ce travail soit rémunéré. En 1865 Frédéric Douglass répondit ainsi à ceux qui l’interrogeaient sur ce que désiraient les hommes récemment émancipés : « Qu'est ce que la liberté ? C'est le droit de choisir son propre emploi. Voilà sa signification, à supposer qu'elle en ait une, et quand un individu ou un groupe d'individus prennent sur eux de décider quand un homme devra travailler, et ou il devra travailler, quel sera son travail et ce qu'il obtiendra pour son travail, voilà cet homme pratiquement réduit en esclavage. C’est un esclave. »
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17 octobre 2005
Lorsque, autour de 1900...
Lorsque, autour de 1900, les Noirs émancipés luttaient pour prendre pied dans la masse ouvrière naissante, ou ils continuaient à être exploités dans leur travail, certains d’entre eux se demandèrent ce que pouvait bien signifier la seule liberté de gagner son pain. D'où la question d'un militant ouvrier, Hubert Harrison, en 1912 : « Aujourd’hui nul, mess compagnons, vous qui souffrez avec moi, on prétend que nous sommes libres, mais le sommes nous ? Une seconde de réflexion suffit pour constater que tel n'est pas le cas. Nous n'avons fait qu'échanger une forme d'esclavage contre une autre. Autrefois, les esclaves étaient considérés comme du cheptel, désormais il s’agit d’esclavage dans le salaire. Or l'esclavage par le salaire est la même essence que l’esclavage chez un propriétaire. La différence n'est que de forme ; C’est la force qui contraignait l’esclave à travailler pour son maître, chez l’esclave salarié, c’est la faim. C’est le maître qui confisquait la production de son esclave, c’est l’employeur qui dérobe à l’esclave salarié le fruit de son travail. » Ce sont les travailleurs noirs militants des années 1930 qui procurèrent au mouvement des droits civiques des années 1960 sa base financière et son assise. Aujourd'hui, avec la disparition de millions d'emplois dans l'industrie, beaucoup se retrouvent dans une situation économique précaire. Ils risquent le chômage à long terme, le sous emploi, et leur avenir est plus qu'incertain.
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16 octobre 2005
La liberté d'apprendre...
La liberté d'apprendre a constitué un enjeu de taille dans l'édification de la communauté noire, et avoir droit à une instruction de qualité a été comme le droit de vote, une revendication essentielle du mouvement pour la liberté tout au long de son histoire. W. E. B. Du Bois a déclaré : « Les idéaux magnifiques du passé la liberté physique, le pouvoir politique, l'éducation des esprits, l’apprentissage du travail manuel – ont commencé par s'affirmer et ont fini par s'estomper, au point que même le plus récent, l'idéal éducatif, a désormais quelque chose d'obscur et d'incertain, Sont ils tous faux, ces idéaux ? Tel n'est pas le cas, mais, pris séparément, chaque idéal avait quelque chose de trop simple et en même temps d'incomplet. Pour être vrais, tous Ces idéaux doivent être fondus et soudés pour ne faire qu'un. L’apprentissage à l'école, voilà ce dont nous avons plus que jamais besoin : favoriser l’adresse des mains, la rapidité de l’œil et de l’oreille mais surtout assurer, dans toutes ses dimension, la culture la plus vaste possible d’esprits doués et de cœurs purs. »
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15 octobre 2005
Le combat pour la liberté...
Le combat pour la liberté d'apprendre et de savoir débuta pendant l'esclavage conscient, du pouvoir que conférait la connaissance, presque tous les États esclavagistes interdirent aux esclaves d'apprendre à lire et à écrire, On punissait les esclaves en cas d'infraction et leurs professeurs étaient sévèrement sanctionnés. Quelques Noirs libres purent malgré tout recevoir une instruction grâce aux écoles et aux programmes d'alphabétisation et d'enseignement instaurés par des groupes religieux ou par des églises. L’émancipation suscita un tel désir d'apprendre qu'il fut difficile, sinon impossible, de le satisfaire. Un bureau des affranchis, agence fédéral créé en 1865 pour venir en aide aux esclaves affranchis, fut à l'origine de la création de beaucoup d'écoles. Des Noirs libres et des Blancs du Nord s'établirent dans le Sud pour y créer des provisoires, enseignant parfois aux enfants dans la journée et aux parents le soir. Pendant la reconstruction, la demande d'enseignement fut si forte que les Noirs utilisèrent leur tout nouveau droit de vote pour établir dans le Sud les premiers systèmes d’enseignement financés publiquement. C'est de cette période que datent les premières institutions noires comme Howard University, Fisk University,, Atlanta University et Hampton Institute. Mais, dans les années 1880 et 1890, les acquis de la Reconstruction furent supprimés et on relégua les Noirs dans des institutions au financement précaire où régnait la ségrégation. Malgré leurs Moyens limités, ces écoles favorisaient l'acquisition du savoir et de compétences professionnelles, et la vie de millions de Noirs s'en trouva améliorée. Grâce à elles, la classe moyenne noire et beaucoup d'organisations politiques noires se développèrent. Issu du mouvement des droits civiques, le mouvement étudiant noir donna un sens plus large à la liberté d'apprendre, qui ne fut plus limitée à la seule question de l'accès aux cours. Dans les années 1960, 1970 et 1980, en particulier dans les universités à majorité blanche du Nord, le mouvement étudiant noir posa le problème du contenu et exigea que la vie des gens de couleur et leurs expériences, en particulier celles des femmes, des travailleurs et des groupes subalternes, soient reflétées dans les programmes ce qui était une façon de remettre en question la définition du savoir traditionnel.
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14 octobre 2005
Un des thèmes les plus importants...
Un des thèmes les plus importants du pour la liberté fut la libération de l'imagination en l'occurrence, l’imagination d’un peuple. Cette précieuse liberté d'imaginer un peuple et un avenir, mais aussi de créer de la musique, de la danse, des oeuvres d'art, de la poésie, un folklore et un humour tout en repoussant les limites du corps humain, a profondément influencé la culture occidentale et mondiale. Dans The Souls of Black Folk, Du Bois évoque la complexité du mot « liberté » : « La liberté à laquelle nous avons si longtemps aspiré, nous y aspirons encore, la liberté de la vie et de nos membres, la liberté de travailler et de penser, la liberté d'aimer et d'avoir ses propres désirs. Travail, culture, liberté, nous avons besoin de tout cela non pas séparément mais ensemble, non pas successivement mais au même instant, dans la croissance et l'entraide mutuelle et tous ayant à coeur cet idéal plus vaste que le peuple noir a devant les yeux, l'idéal de la fraternité humaine atteint grâce à l'idéal unificateur de la race. » C'est en créant une communauté que les Noirs posèrent des jalons grâce auxquels des femmes et des hommes ordinaires purent caresser des rêves de liberté. Familles, églises, écoles, associations de volontaires mais aussi activités artistiques, Poétiques et sportives furent autant de lieux et de domaines ou le combat pour la liberté s'incarna. Cette histoire présente l'histoire très riche de ces hommes et de ces femmes ordinaire, qui ont accompli l'extraordinaire. Venus de leurs communautés, ils ont su concilier leur exigence de liberté avec les stratégies destinées à la mettre en œuvre et choisir le moment d’agir en fonction de buts précis.
Dans leur quête de liberté, les Noirs américains n’ont pas toujours été d’accord entre eux sur le choix du moment, de la stratégie et de la tactique. A des stades historiques précis, certains ont cru possible l’assimilation raciale à l’intérieur de l’ordre sociale existant, d’autres préconisaient de créer des institutions séparées, d’autres encore voulaient changer les fondements socio-économiques de la société. Mais, dans cette diversité si féconde, les voix des Noirs ont toutes fait entendre le même cri de liberté, que ce soit celle de vivre en ayant les espoirs les plus fous pour eux-mêmes et pour leurs enfants ou celle de construire une nation ayant la justice pour idéal.
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13 octobre 2005
La liberté n'a jamais été concédée...
La liberté n'a jamais été concédée d'en haut, elle a toujours été conquise au terme de combats se déroulant en bas. La liberté n'a jamais été « libre ». Elle a eu ses victoires et ses déconvenues, mais qui peut douter que, en mettant à l'épreuve les limites de la démocratie, la lutte menée par les Noirs a transformé le sens du mot liberté pour tous les Américains ? Lors d'une discussion sur les sit ins étudiants, la militante des droits civiques Fannie Lou Hamer déclara : « [ ] le sentiment des étudiants d'avoir un rendez vous prédestiné avec la, liberté limitait pas à une campagne pour leur propre liberté ou même pour la des Noirs dans le Sud. On a dit fréquemment que le mouvement s'intéressait aux implications morales de la discrimination raciale pour le "monde entier" et pour la "race humaine". » En réussissant sa campagne de déségrégation, le mouvement pour la libération des Noirs entraîna la libéralisation, en 1965, des lois d'immigration fondées sur des préjugés raciaux. Et, en offrant un modèle et une méthode, il participa à l'extension des droits des personnes âgées, des femmes, des locataires, des handicapés, des Latino Américains, des indiens, des Américains d'origine asiatique, etc. Quant aux Noires américaines, grâce à leur longue opposition aux restrictions imposées aux femmes, elles ont, par la parole et l'action, pris la tète du combat contre la subordination de toutes les femmes.
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12 octobre 2005
Les Noirs américains...
Les Noirs américains ont très tôt lié leurs luttes à celles qui existaient dans le monde entier, et leurs méthodes comme leurs symboles ont inspiré les mouvements de libération, les mouvements anticolonialistes et les mouvements contre toutes les discriminations comme en Inde, où des intouchables, les Dalit, prirent le nom de Black Panthers, ou en Afrique du Sud livrée à l'apartheid, où le mouvement de libération entonna « We shall overcome ». Martin Luther King écrivit en 1957 : « La détermination des Noirs américains de se libérer de toutes les formes d'oppression jaillit du même profond désir de liberté qui motive tous les peuples opprimés du monde. La pulsation qui rythme le profond mécontentement des peuples d’Asie et d’Afrique est à l'origine une quête de liberté et de dignité humaine di , peuples qui ont été longtemps victimes du colonialisme. Le en général et des Noirs américains en particulier a s'arrêtera pas soudainement. Les privilégiés abandonnent rarement une forte résistance. Mais quand les opprimés se dresse y a pas d'issue possible avant la liberté complète. Le réalisme nous que le combat ne s'arrêtera pas avant que la liberté soit une réalité pour tout les peuples opprimés du monde. » La lutte continue.
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